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11ème Etape : Berlin Texel Rouen

Salut* !

(* Bonjour en Franchouillard)


Visite de Berlin ce mardi, très animée à partir de l'après-midi car... les allemands passent en finale au football ! Mazette, nous qui avions réussi à éviter ces effusions en France il y a 4 ans, nous voilà en plein dedans, sur le pavé du Kudam ! C'est tout de même assez sympa, et on passe une sacrée journée chez les teutons. Une seule petite remarque : le métro allemand nécessite une qualif de type !!! Il faut avouer qu'il était un peu en travaux ce qui perturbait les lignes, mais c'est tout de même très surprenant d'arriver à une station et de réaliser... que le train repart dans l'autre sens !
Réveil tardif... il fait beau, on part en balade pédalo et on lézarde. Un allemand qui écoute la radio sur son bateau nous lance : "noul noul !".  Tiens, "zéro zéro", il doit y avoir un match en cours. On rentre et on regarde la fin du match, à savoir Turkey/Brazil, avec Ulla, l'amie allemande qui nous accueille. Elle hurle pour encourager les brésiliens ! En effet, si les Turcs gagnent, la finale sera Allemagne/Turquie... Et vue la communauté turque en Allemagne, quelle que soit l'issue du match, elle redoute les débordements dans Berlin. Et ce sont bien les brésiliens qui gagnent, tout va bien !
On décide de rester une nuit de plus... Berlin sous le soleil c'est vraiment trop bien ! Tant pis pour la batterie, un jour ou deux le problème reste le même, et on trouvera bien demain un groupe de parc à Schönefeld...

Le lendemain, 8h de vol nous attendent, on est donc sur le pied de guerre dès 7h du mat. On part direct sur l'aéroport, on paie la taxe (50 euros, arg heureusement que l'arrivée de nuit valait le coup !), dépôt de plan de vol, et on s'installe. On tente un démarrage sans checker la batterie, des fois que... On actionne le démarreur.

...
Rien, pas même le "couic!" de la Lettonie. On n'est qu'à demi surprises, même si on s'attendait quand même à un quart de tour poli de la part de l'hélice. Alors je pars demander un coup de main au handling pour avoir un groupe et de l'eau déminéralisée. Ils sont surpris de nous voir gérer celà avec autant d'apparente habitude, mais il faut dire qu'on commence à bien connaître le souci ! On recomplète, encore avec des petits entonnoirs en papier à la Mike Gyver et on réajuste les niveaux au kleenex, on traîne l'avion vers le groupe, on fait tourner le moteur, la charge se stabilise à +15, c'est bon. Enfin, bon... Pour un retour immédiat, c'est tolérable... On coupe le moteur, et au moment de recapoter, j'en profite pour faire la CN 10h des cylindres et on constate que la batterie chauffe tout de même énormément : la peinture du capotage batterie a brûlé et l'eau bouillonne... On se dit qu'il est moyennement sûr de rentrer ainsi, et on demande les conditions pour acheter une batterie 24V sur place. C'est possible mais il y a de l'attente un ou plusieurs jours. Un coup de téléphone au club pour savoir si on peut acheter une batterie : pas de problème, mais on peut aussi couper régulièrement l'alternateur en vol, nous dit-on. Le mauvais temps arrivant, nous sommes prises d'un accès d'arrivite aigue et décidons, contre toute raison je pense après coup, de partir.

Mais la batterie ne nous lâchera pas et ne nous sautera pas à la figure pendant le vol ! Travers Hambourg, on slalome entre les gros nuages et les pluies, et on découvre régulièrement, et bien sûr au dernier moment, c'est plus rigolo, des zones R à éviter. Danielle peste contre l'accent allemand ou elle distingue avec difficultés la phraséo ! Pour le paysage, c'est comme la France en plus plat (comment ça on a l'air blasées ? Même pas vrai...). Arrivées non loin de Texel, on commence à traverser de l'eau. Il y a de fichues zones R4 alpha, bravo, charlie à éviter. Entre Alpha et Charlie, une route, fort singulière car c'est une route, unique, en plein milieu de l'eau. Si notre carte est correcte, il y a moyen de passer au dessus de cette route à plus de 2000ft, et ainsi d'éviter toutes les zones. C'est là que le contrôleur néerlandais décide de s'exciter : "Sierra Uniform ! You CANNOT enter Romeo 4 aeras ! You have to divert to the south, confirm your intentions !". Celà fait un bon quart d'heure qu'il s'acharne à nous appeler Sierra Uniform, malgré nos rappels répétés "Our callsign is FOX GOLF ALPHA SIERRA VICTOR !". On lui explique la route envisagée, mais il continue à s'exciter : "Sierra Uniform ! You CANNOT enter Romeo 4 aeras ! You have to divert to the south, what are your intentions ?". Au bout de plusieurs échanges, j'attrape la carte, et je lui récite lentement, zone par zone, les altitudes limites hautes et basses de chacune des zones Romeo 4, je lui donne la position de la route au milieu de l'eau que nous voulons longer, et l'altitude à laquelle nous allons la longer. Et j'ajoute "confirm we are cleared for that routeing, fox sierra VICTOR ???"
Un blanc... "Hemm... roger Sierra Victor... keep south of the road..."

Pfff, long à la comprenette lui.

On arrive à Texel. Notre carte nous indique une 22-04, le GPS aussi. Mais le controleur nous demande de rappeller vent arrière 31... Je suis moyennement rassurée, des fois qu'ils auraient fait comme à Kaunas, à déplacer le terrain juste pour rigoler et qu'on le trouve pas... (Ils sont peut-être aussi joueurs en Hollande qu'aux pays bas !)
Mais on le trouve, on pose, on ravitaille l'avion et les pilotes. Le terrain de Texel est super sympa, et le tampon-souvenir sur le carnet est magnifique, ça vaut le coup je pense d'y retourner, d'autant que la taxe à 10 euros, ça reste raisonnable.
Dépôt de plan de vol. Démarrage. La batterie a bien chauffé, mais ça repart.

Au retour, on longe Amsterdam, Rotterdam, on évite les zones d'entraînement au tir (car Sierra Victor alias Splendide Volatile ne tient absolument pas à jouer au tir au pigeon) et on reçoit quelques SMS sur le retour : Manu, instructeur au club, va décoller avec India Juliette pour nous prendre en photo ! C'est l'heure où on regrette de ne pas avoir passé plus de temps à se démêler la tignasse le matin :-).
Petit vol photo en patrouille, et on se pose, non sans avoir été accueillies en fréquence par Phillippe Triquet, colibri de la liste ! Le champagne nous attend au club, en petit comité, et on épuise nos dernières forces à vider l'avion de tout ce bazar accumulé en 15 jours (tiens, il restait un paquet de gâteau qui a échappé aux fringales aériennes ?). On n'a pas beaucoup de souvenirs "matériels", vu qu'à chaque étape on offrait à ceux que nous rencontrions ce qu'on avait récupéré aux étapes précédentes, mais ça nous a valu sacrément de bons moments et de supers contacts ! Sierra Victor aura le droit à un repos bien mérité car il part direct en visite 50h, car nous avons volé un peu plus de 50h et parcouru environ 5000 NM. Nos carnets sont bourrés de tampons exotiques, on a épuisé le stock de pin's "Aéroclub de Rouen" mais récupéré une jolie collection d'autocollants divers, sans compter les casquettes, t-shirts et crayons qu'on nous a offerts spontanément ! Reste l'agréable devoir de "cartes postales" de France, mais il attendra quelques jours.

On a du mal à quitter le petit Sierra Victor, soudain allégé, tant on commence à s'y attacher... On a presque l'impression de l'abandonner au hangar...

Ce voyage nous a beaucoup apporté, d'autant que tout le monde nous avait effrayées avec d'affreuses prédictions d'agressions, de vol, de viol même, et on nous décrivait certains pays comme arriérés, dangereux... Bref rien à voir avec ce que nous avons rencontré ! Pas la peine non plus de se mettre martel en tête pour la préparation : il est vrai que nous avons préparé très vite (5 jours + anticipation pour la réservation de l'avion et les cartes) mais pour peu qu'on lise un peu d'AIP, qu'on joue du téléphone et même du web, et qu'on appelle le BNIA à l'aide pour certaines docs, ça se fait bien. Pour les pays non couverts par Jeppesen, les cartes ONC sont vraiment légères (bien qu'indispensables pour la sécurité du vol, notamment pour calculer l'altitude de sécurité par rapport au relief) si bien que pour ces trajets le GPS est, sinon indispensable, néanmoins sacrément confortable.
Ca vaut vraiment le coup de passer des frontières, non seulement une mais plusieurs, et les gens rencontrés étaient très heureux de voir qu'on s'intéressait à eux, à leur pays, à leur culture. Dans certains pays (Slovaquie, Lettonie...) ils étaient très surpris car peu habitués à avoir des avions légers, Français notamment, en vadrouille dans leurs contrées. En Pologne Gregorz nous lance : "Je suppose qu'on vous a dit que la Pologne était dangereuse, et que vous alliez avoir des problèmes ?" On lui avoue que oui. "Ah c'est pas grave, nous on dit pareil sur la Russie et moi qui y suis allé j'avoue que ce n'est pas tout a fait vrai non plus !". Comme quoi, tout est relatif, et que le meilleur moyen de savoir ce qui est vrai c'est... d'y aller !

Maintenant on va se remettre à manger des pâtes à l'eau un petit moment pour éponger le budget, mais dès qu'on peut on rebelote ! De toute manière on a donné rendez-vous à du monde dans 10 ans :-).

La bise des Loopy Girls, de retour au sol mais encore un peu dans les nuages.