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5ème Etape : Dubrovnic KRK_Island_Rijeka

Dobardan* !

(* encore Bonjour en Croate)

Après le petit dèj sur la terrasse nous revoilà de bon matin parties avec le taxi, qui nous tchatche pendant le trajet. Et deux demandes en mariage de plus !  En tout cas il est très gentil, et nous offre un verre à l'aéroport. Puis nous réussissons à dégoter un tampon pour nos carnets de vol, car Dubrovnic tamponné sur un flight book ce n'est pas quelque chose à manquer :-)
Passage à la douloureuse landing fee, pas si douloureuse, et à l'office pilotes, qui nous photocopie des cartes locales (nous n'avons pour cette région que l'ONC qui ne contient aucune info aéro) et nous fait déposer le plan de vol. En effet, en Croatie c'est plan de vol à chaque vol, mais après il y a une grande tolérance en vol par rapport au plan déposé.
De nouveau une magnifique navette nous fait faire toooouuuut le tour de l'immense parking en suivant bien la ligne jaune jusqu'à notre petit Sierra Victor (alias Sagace Vadrouilleur) et on nous laisse préparer notre avion chéri tandis que le refueller arrive.

Mise en route, décollage, virage à droite et en route pour un parcours côtier, avec comme consigne "Adria 1, not more than 1500 ft". OK ! Adria1 est une route croato-croate, définie uniquement sur les quelques photocopies qu'on nous a filées, je suis bien contente de ne pas les avoir refusées ! En repassant travers le terrain, la ville magnifique de Dubrovnic nous attire au loin... mais elle est en plein sur l'axe de piste !! On se dégonfle pas :

Alex : "Fox Sierra Victor request a low-pass in front of Dubrovnic"
Contrôle : "That's approved Sierra Victor, but avoid the city and no more than 1000ft QNH"
Alex, contente !!!! : "No more than 1000ft, not over the city, Sierra Victor, thanks !"

Et on se fait un magistral low-pass/photos devant la vieille ville à 700ft...
Le reste de la traversée, c'est du "plein-les-yeux" d'un bout à l'autre, de majestueuses falaises au bord de l'eau, des côtes caillouteuses ensoleillées, de la lumière et des couleurs, et toujours cette espèce de brumasse blanche légère qui nous suit depuis l'Italie, et qui ne gêne pas le vol mais empêche des photos de paysages trop éloignés. Une chose très curieuse : j'avais repéré sur la carte ONC la mention "stone walls" ou "numerous stone walls" un peu partout sur les îles et la côte, et j'étais curieuse de comprendre de quoi il s'agissait. En fait, une grande majorité des sols est recouverte de petits murets de pierres, apparemment anciens, selon un treillis serré, ce qui fait qu'il n'y a quasiment aucune zone posable ! Apparemment créés de main d'homme, même si leur quantité phénoménale nous en fait douter un court instant. On se perd en hypothèses sur ces curieux murets, et on se promet de demander ça au prochain croate anglophone qu'on attrape...
On suit Adria1 de manière assez touristique, et on est transférées en fréquence à Zadar comme étant à 1000ft. Je recopie régulièrement les infos aéros de la photocopie de carte Croate sur notre carte ONC. Vers la moitié du vol nous sommes remontées à 1500ft quand on entend :

Zadar ctl : "Croatia XX, negative, maintain 2000ft, trafic, cessna 152, 12 o'clock, 5nm, opposite direction, 1000ft"

Pas d'info réciproque... Oups ! On redescend dare dare à 1000ft et on scrute avidemment devant nous. Soudain je fais signe à Danielle de regarder la mer à notre droite mais c'est trop tard : je viens de voir filer à toute allure sur l'eau l'ombre de grande taille d'un oiseau de ligne, Boeing je pense, vu la forme, quasiment en dessous de nous... il a du nous friser la dérive de Sierra victor (alias le Sauvage Vagabond).

Croatia : "Croatia XX, I think the trafic is behind us, request further descent"
Zadar ctl : "Croatia XX, roger, descend 1500 ft"

Pfiou ! Bon, autant vous dire que les 1000ft, on les a gardés par la suite !

Arrivée à KRK Island... On  met quelques temps avant d'être reçues en fréquence, sans doute en raison de la montagne juste devant le terrain. Premier contact : piste en service, arrivée à convenance, rappelez en vue. En vue : rappelez finale. Finale : autorisé atterrissage.
Une immense piste pour un trafic extrêmement léger, apparemment. On l'apprendra par la suite, KRK Island (Rijeka) est parfois soumis à des pointes de vent extrêmes, qui ont d'ailleurs détruit la rampe d'approche.

Une fois posées, je me souviens que les agents de l'aérogare de Dubrovnic m'avaient refusé la visite de la TWR de Dubrovnic, je demande donc directement en fréquence au contrôleur de Rijeka si c'est possible de visiter la TWR, en indiquant que je suis une collègue française... "No problem, just ask downstairs and come". Un pisteur nous place, nous sommes le... 2ème avion sur le parking, près d'un cessna 172. On attache l'avion, on fait les checks essence, timing, nuit pour Sierra Victor, on embarque le matériel sensible, les tentes, les sacs de couchage, et de quoi passer la nuit. Avec notre bardas, on débarque dans l'aérogare, avec ce drôle de sentiment qu'on est l'attraction générale...
On se rend direct à l'office d'info où je demande à visiter la TWR. Visiblement, celà ennuie enormément la dame de l'accueil, à la moue négative qu'elle me fait... Je lui précise que les contrôleurs sont d'accord... elle me demande ma carte de service de contrôleur français (ouf ! j'ai pensé à l'emmener, d'autant qu'elle ressemble énormément à la leur) et visiblement embêtée appelle la TWR. Je vois alors son visage se détendre et elle me tend le combiné : c'est un des contrôleurs, qui nous invite à monter. On laisse nos sacs à la Madame soulagée et on grimpe.
Les contrôleurs sont jeunes et super sympas, la tour est sacrément bien équipée quand on la compare à leur trafic, et surtout bien fraîche. Je leur demande si c'est toujours aussi calme et ils me repondent en riant que oui. On parle de la Croatie, de nos études respectives (ils sont formés en Allemagne), ils nous posent des questions sur le foot français... (décidemment) Un tour sur le toit et on a une vue magnifique sur les alentours. Ils nous conseillent au niveau des campings, le plus proche est à 2.5 km. OK, on est bonnes pour suer sous le soleil ! Avant de partir ils nous donnent le numéro de la TWR où les appeler si on a le moindre problème.
On redescend prendre un verre d'eau au bar, en repoussant au maximum le moment d'entamer cette marche douloureuse sous le soleil brûlant avec notre tonne de sacs. Au moment de partir, deux contrôleurs arrivent boire un verre, et l'un d'eux nous propose de nous déposer au camping. Devinez... on accepte ! Il nous raconte en route que nos curieux murets de pierre seraient les vestiges de jardinets il y a longtemps... On n'est pas complètement rassasiées par cette explication, vu la quantité de ces murets et leur curieuse disposition, mais c'est toujours quelque chose...

Le camping est peu cher, on s'en tirera avec 7 euros, mais alors... juste de la terre, un peu d'herbe et beaucoup de cailloux, des sanitaires bof bof qu'on évitera pour se laver avec un peu d'eau à un robinet... et une panne d'électricité qui fait que l'on ne peut rien acheter à manger à la cabane-bar, ni boire un café. On s'y rend quand même pour boire un verre d'eau (fait soif !) et on demande au serveur, super gentil (mais qui ne parle que croate ou allemand, et comme nous on ne parle pas croate...), s'il n'aurait pas par hasard un petit bout de pain qui traînerait ? Il nous propose quelques tomates et du fromage, avec deux miches de pain. Repas succulent pour deux affamées ! Le fromage croate est très bon, et leurs tomates n'ont rien a voir avec les notres...
Je passe par téléphone le plan de vol du lendemain, comme d'habitude, et je contacte le BRIA pour savoir si notre préavis Polonais est bien passé et s'ils ont bien pu transmettre notre certificat d'assurance (on doit être assurés contre les risques de guerre et à hauteur de 2 000 000 d'euros minimum). Apparemment les Polonais le veulent en anglais... Je laisse donc un message à l'assurance de notre avion en leur demandant s'ils pourraient en envoyer une version en anglais assez vite. Grand merci au passage au BRIA qui est un sacré partenaire de notre voyage, même si ça peut paraître comique de passer par la France pour déposer un plan de vol entre la Croatie et la Hongrie, ils sont une aide inestimable.
On repart dormir dans la tente, non sans la déplacer car apparemment là où elle est celà ne convient pas au veilleur de nuit, et on s'endort...

To be continued...

Adio* !

(* au revoir en croate)

Alex et Danielle