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6ème Etape : KRK_Island_Rijeka Sarmellek Matko

Sia* !

(Bonjour en Hongrois, prononcer un truc entre "Sia" et "Sio")

Debout tôt au camping, on range tout, on refait nos bardas, et on commence à repartir. Le chemin monte, il fait extrêmement chaud dès le matin, nos sacs sont lourds.
"Hé bé, elles en chient les loopy girls aujourd'hui !" me lance Danielle à mi-route, exténuée... C'est un cri du coeur et je le partage ! Pas une voiture sur la route pour faire du stop... Ah si, aux deux tiers de la route, en voilà une ! C'est une jeune femme de l'aéroport que nous avons croisée la veille, elle est adorable. On monte, et tout notre visage exprime la gratitude que nous avons envers notre bienfaitrice.
Arrivée à l'aéroport : on prend une bouteille d'eau encore !
On règle la taxe, les douanes, on tamponne les carnets (hé hé la collection augmente !). Un coup d'oeil à la météo, un peu d'huile dans Sierra Victor (alias Sacrément Vaillant) et on est prêtes à repartir. Comme depuis le début, on fait des checks sérieuses style pilote pro pour que Danielle prenne le pli avant son CPL pratique, en considérant même que nous avons un train rentrant... On se croirait un peu en airliner à nous écouter sur l'intercom, sacré boulot d'équipage, et on commence à bien se roder :-).
Un tour sur la baie pour prendre de l'altitude, on a demandé 6500 ft pour passer les reliefs (en Croatie l'altitude de transition est au moins au FL90, un peu comme aux US je crois, ce qui nous évite cette fois de passer en niveau de vol). Au passage de la côte le contrôle nous souhaite bon voyage et nous transfère à Zagreb Info, qui nous transfère également très vite à Zagreb radar. Et là, déception : on nous prend en guidage radar, ce qui nous fait rater la presque verticale de Zagreb, bouh... m'enfin on aura essayé :-). On fait presque toute la traversée Croate continentale en guidage, on nous remonte à 7000ft, on nous demande très régulièrement des estimées de tel ou tel point (merci mes doigts qui font 5NM et ma main qui en fait 50, c'est super pratique !) et après quelques échanges quant à l'exit point (on ne dispose pas des cartes croates donc de toutes les infos demandées) on trouve un accord et on reprend la navigation VFR vers la frontière. La Croatie est vraiment divisée en deux parties séparées par les montagnes : la partie côtière et la partie dans les terres, et les paysages diffèrent beaucoup. Evidemment le continent rivalise difficilement avec la majesté des côtes.
On nous transfère aux Hongrois. Nouille que je suis, avec l'habitude récente, je passe le bonjour en croate... Mais ce n'est pas grave, ils ont saisi. Notre premier posé est à Sarmellek, proche du lac Balaton, une ex-base USSR. C'est l'un des trois terrains douaniers de Hongrie, semble-t'il. Arrivée tranquille, comme d'habitude j'ai recopié les espaces aéros du GPS sur notre carte ONC de la Hongrie ce qui nous permet de donner une estimée d'entrée dans la CTR.
L'ex-base est assez impressionnante, avec les abris et vieilles infrastructures militaires, gagnés par les herbes folles. On découvre très vite l'inutilité de l'anglais dans ce pays : tout le monde parle Hongrois ou Allemand. On monte à la tour payer la taxe et passer le plan de vol vers Matko (en Hongrie les plans de vol nationaux sont quasi obligatoires pour les étrangers et très recommandés pour les pilotes Hongrois), on grignote un petit peu et on retourne à l'avion. Je retourne à l'aérogare tenter de remplir notre bouteille d'eau... Il y a des inscriptions au dessus du lavabo : NICHT TRINKEN. Et poisse poisse poisse ! Pas d'eau ! On va devoir s'accrocher pendant le vol !
Je reviens toute malheureuse à l'avion, et ne trouve pas Danielle... J'entends un appel et je la vois qui me fait signe depuis... un magnifique cessna 404 ambassador ! Deux pilotes allemands en livrée de pilotes de ligne sont passés lui proposer un café ! On s'installe sur les sièges en cuir de ce magnifique avion, et on discute. Ils sont super adorables, on parle avion bien sûr, ils nous montrent un dépliant avec tous les avions de leur compagnie, il font notamment quotidiennement Toulouse en Dornier, on leur propose de troquer Sierra Victor (un cessna contre un autre) et ils se montrent très intéressés (si, si !). On finit par partir et on leur promet une carte postale de Pologne.
Histoire de visiter la base, on remonte l'intégralité du taxiway, ce qui est un peu comique pour un cessna 152 vue la longueur de piste, un coup d'ailes pour dire au revoir et on met le cap sur le lac Balaton, qu'on longe et traverse, puis direct sur Matko, en contact avec l'info. En ce qui concerne Matko, on n'a que les coordonnées géographique du terrain, qui est un terrain privé assez récent, bien que contrairement à Sabaudia en Italie, lui possède au moins un code OACI (LHKM, même si j'ai appris le lendemain que l'ordinateur du BRIA a refusé le plan de vol parce qu'il ne connaissait pas ce code OACI... et pourtant on a fait le vol en se déclarant VFR sous plan de vol, curieux...). On le trouve tout de même, et on se pose.
Magnifique terrain ! Tout en herbe, très orienté vol à voile, un peu parachutisme, avec de splendides avions de collection dont 2 Antonov-2 et un paquet d'infrastructures (piscine, jardin d'enfants, tennis, bungalows). Apparemment on est hors saison car il n'y a aucun touriste hormis nous. On voyage plutôt à l'économie alors on ne demande qu'un coin d'herbe pour la tente. Le Hongrois qui nous accueille ne parle... que Hongrois, mais il nous fait comprendre que son collègue là-haut, dans le planeur qui spirale, parle anglais et qu'il va se poser sous peu. Pas de problème. On demande à payer la taxe, il répond par signes : "Landing... No ! Notingue, no !". Pas de taxe ! Hé bé :-)
Il nous offre un verre de limo/eau pétillante, et nous aide à accrocher Sierra Victor (alias la Sauterelle Volante) car le sol dur ne permet pas d'utiliser nos tire-bouchons. Puis on va planter la tente, et alors un mig29 effectue une verticale assez haut en passant un tonneau ! Apparemment les pilotes militaires de la base à côté viennent à Matko pour le vol à voile, et ce style de coucou est assez courant !

Quand les deux planeurs en vol se posent, on les aide à les rentrer, et le dialogue devient plus aisé en anglais avec Nemeth, le collège anglophone. On nous propose de commander notre repas, il arrivera en soirée depuis le village à côté. OK ! Par ailleurs un planeur s'est vaché à 30km, il nous demande si on veut les accompagner ? C'est parti !
Je suis en place droite dans la voiture, et Nemeth me tend une enveloppe sur laquelle sont inscrites les coordonnées du planeur vaché que le pilote leur a transmises par GPS, ainsi qu'un Garmin 55 à l'utilisation assez... chaotique ! Je m'en sors plus ou moins brillament, en tout cas le point est saisi et on localise le planeur en une heure (les routes ne permettant pas de rouler très vite, surtout avec une remorque de planeur derrière).
On arrive dans le champ, et il pénètre directement en roulant  à travers les tournesols... On se regarde héberluées : il est en train de massacrer les récoltes sans aucun complexe particulier ! Soudain, la voiture s'enlise dans le sol sablonneux... Danielle, un jeune Hongrois qui nous accompagne et moi même sortons de la voiture, un autre vient nous aider à pousser mais rien à faire. On décroche la remorque, et on désenlise la voiture seule qui fonce droit dans le champ d'orge à côté.
Alors arrive dans le champ un véhicule 4*4 conduite par un homme fort bien portant mais au regard peu amical.
Je demande à Nemeth : "Is it a friend ?"
Et il me répond : "heumm... I don't think so..."
S'ensuivent des échanges en Hongrois... Le gros monsieur se détend et sourit, il vient placer son 4*4 devant la remorque, on l'attelle et il la tire jusqu'au planeur. Pendant le démontage du planeur quelques gamins curieux viennent observer la scène. On repart, et notre Hongrois nous lance : "Your order is cancelled ! You come with us !" Apparemment ils ont annulé notre commande de repas ? On va déposer la remorque au terrain et ils nous emmènent à un restaurant-bar Hongrois, où ils nous commandent une bière et un petit verre d'alcool aux herbes local extrêmement épicé... On n'adore pas il faut l'avouer, mais ils nous lancent : "Féni Kigguer !" ("cul sec !) On retient notre respiration et on s'exécute, histoire de leur faire plaisir et de faire passer celà le plus vite possible ! La bière par contre est très douce et aide à faire passer l'amertume du curieux breuvage. Mais ils ont une de ces descente ! Impressionnant. En discutant nous découvrons que Nemeth est un ancien pilote de Mig29 et Mig21... et a un paquet d'anecdotes qui vont avec ! Le jeune Hongrois a sa petite amie en voyage d'études en France, et nous demande de l'aider à écrire un petit mot doux en Français via SMS, on lui donne donc une leçon de Français dans la voiture au retour. Ils nous déposent alors au terrain, on se dit au revoir, et une fois seules on réalise... qu'on n'a pas mangé ! Ils ont du oublier que nous étions à jeun... On grappille un truc ou deux dans Sierra Victor (alias Sac à Vivres) et on part dormir, sous les Mig29 en exercices de nuit.

La suite au prochain épisode... Et je galère pour essayer de me connecter quelque part, mais pas moyen !

Vislaat* !

(* Au revoir en hongrois)

Alex & Danielle, loopy girls sous la tente