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7ème Etape : Matko Budapest Poprad

Dobridian* !

(*Bonjour en Slovaque, rouler le R)

Réveil sous le soleil, les deux personnes présentes sur les lieux ne parlent que Hongrois, on se débrouille donc en faisant des signes. Après de malheureuses tentatives, je finis par abandonner l'idée de connecter mon PC, les numéros Hongrois du service client Wanadoo sont tous refusés...
La femme qui s'occupe du club house nous prépare un super petit dèj mode hongroise qu'on déguste sous l'oeil pépère d'un antonov-2, puis un coup de tel au BRIA pour passer nos deux plans de vol (on a décidé de passer à Budapest pour les douanes, "petit" terrain avec un doublet de pistes de plus de 4000m). Un répondeur du BRIA nous indique que suite à des mouvements sociaux, blablabla... Zut, en grève. On appelle le BNIA ? Pas de réponse. Mais le BRIA de Bordeaux nous répond et nous aide. On est fin prêtes. On charge le Sierra Victor (alias Solide Véhicule), décapotage pour notre seconde visite des cylindres (en raison de la CN 10h sur les Lycoming), et on attrape quelques pin's de l'aéroclub pour aller les offrir à ceux présents dans le club-house. Celà leur fait tellement plaisir qu'ils nous offrent en échanges deux casquettes, deux stylos, et une floppée d'autocollants de Matko ! On laisse notre adresse à notre pilote de Mig qui veut nous envoyer une bouteille de la production d'un de ses amis, et on lui promet l'envoi d'une bouteille de Calvados normand.
Après les au revoir, c'est parti, on décolle. Contacte avec l'info pour activer le plan de vol, ils nous précisent de bien éviter telle et telle zone et nous informent d'exercices militaires, puis on passe en contacte avec Budapest info. On nous passe la 13R en service, approche à vue (ben forcément !), et rappelez en vue. On s'intègre selon une gigantesque base et on pose assez loin de la bretelle ce qui oblige à rouler dare-dare pour leur libérer la piste. Le terrain est impressionnant, avec des avions de ligne et de vastes terminaux. On suit une follow-me-car jusqu'à un emplacement où trônent déjà quelques avions légers, mais mis à part un tampico, le nôtre est vraiment une petite sauterelle à côté des autres...
On fait les pleins de notre oiseau, puis un flyco vient nous chercher pour nous mener aux "customs". Le costume qu'ils portent aux douanes est vraiment curieux, je tente de prendre une photo mais la femme-officier des douanes fait un bond : "pas de photo pas de photo !". Oups, j'a gaffé. La taxe est de 34 euros (on ne nous compte pas de handling, juste une taxe technique) mais l'accueil est vraiment chaleureux. Tandis que j'attends Danièle devant l'entrée, je discute avec la femme qui va nous ramener à notre fidèle destrier ailé. Elle nous demande si nous avons aimé Budapest... hem, on n'a pas trop visité, il faut l'avouer ! Je lui explique notre voyage, elle est très impressionnée et nous demande de surtout revenir à Budapest ! Mais que faites vous donc comme métier en France pour voler ainsi ? Je lui réponds que Danielle fait des heures de vol pour pouvoir entrer en formation pilote pro et que moi, de mon côté je suis jeune contrôleur aérien. Là, elle fait un bond : "What ? Why didn't you tell me before ? I'm sure you can visit the tower ! Wait a moment, wait a moment!"
Et la voilà repartie vers les services de handling. Elle revient peu après : "Ok, give me your passeports and air traffic controller card if you got it, I'll fax it to the tower security services to get a permission for you". Danielle est partante aussi, on donne les passeports, et on va s'installer dans la salle de repos des équipages. Imaginez deux jeunes filles en tenue d'été trônant au milieu de quelques pilotes de lignes de différentes nationalités, tous en tenue de pilote de ligne, devant une TV en allemand et quelques journaux en anglais ou hongrois... ça faisait un peu décalé!  Il fait froid, la clim est mise un peu trop fort. L'attente est longue... au bout d'une heure et demi, et un DELAY de notre plan de vol au passage, on nous fait signe qu'il est possible d'y aller. Je donne un coup de tel à Robert, notre contact Slovaque dégoté via internet, pour lui indiquer qu'on sera un peu en retard.
On suit un long trajet en flyco car la tour est à l'autre bout du terrain. L'attente est due notamment au fait qu'ils sont en grève, il s'agit sans doute de la grève générale sur le ciel unique européen dont parlaient les infos tout à l'heure. Passage de police au rez-de-chaussée, montée vers la vigie. Les escaliers sont en béton, tout est en béton gris, celà contraste avec l'aspect extérieur de la tour : on sent une ambiance de froid... La vigie n'est pas trop mal équipée, le chef de quart est très gentil mais le reste de l'équipe reste froid et peu loquace... ils ont peu de traffic en raison de la grève. Nous prenons quelques photos mais ne tardons pas, le chef de quart appelle les services de sécurité et nous repartons en flyco, accompagnés de trois jeunes contrôleurs en formation avec qui on discute un petit peu...
Retour au handling, on remercie l'adorable hongroise qui nous a permis la visite, apparemment elle a eu quelques peines à nous l'obtenir, et on repart vers notre avion, avec un slot départ dans les 10mn.
Mise en route, encore une balade derrière le follow-me-car, clairance départ "climb 5000ft QNH 1021, left turn when airborne direct on TPS VOR, report TPS". On s'aligne 13R, et on décolle. On commence à grimper en ligne droite, en se disant qu'on va attendre 500ft pour tourner, et là : "FGASV, left turn on TPS". On hallucine ! On se fait un passage ras des paquerettes entre la tour de contrôle et les terminaux ! On se permet quelques battements d'ailes devant la vigie, et le contrôleur nous lance un mot apparemment sympathique sur la fréquence qu'on ne comprend pas. On rappelle TPS, et le contrôleur à moitié mort de rire (?) nous transfère à l'info en nous souhaitant bon vol. On demande 9000ft (en Hongrie les altitudes de transition sont haut placé) et on y arrive en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Au passage de la frontière, on nous transfère à Bratislava Information. Là, on doit repasser en niveau de vol, et après quelques moments de vol nous demandons le FL100 histoire d'éviter quelques nuages qui pointent le bout de leur nez devant nous. Notre vaillant Sierra Victor (Solide Varappeur) y grimpe avec docilité, tandis que les reliefs des Carpathes se dessine sous nos roues. Ce qui est le plus impressionnant c'est l'absence de routes bitumées, pour une majorité de routes de terre. En passant le lac de Ruzomberok, on met le cap sur Poprad en suivant la vallée. Le terrain est au fond de la vallée, au pied du plus haut relief Slovaque (2655m, près de 9000ft sur notre carte). L'info nous transfère à l'approche de Poprad, où nous causons bien des soucis au contrôleur visiblement peu anglophile. Chacun de ses messages est parsemé de termes Slovaques et de blancs gênés... On évite les planeurs qui spiralent majestueusement devant les reliefs, quelques photos, et on s'intègre. Le contrôleur nous fait intégrer en vent arrière 27, et en début de vent arrière il nous donne le vent et nous propose une finale 09. Petit calcul mental rapide car le vent nous est donné en m/s, et on accepte la 09. Joli poser et roulage vers "stand 3". On arrive au 3, via des lignes jaunes peintes avec des angles et non des courbes, je vous raconte pas la facilité pour suivre ça, et comme on approche à deux mètres de cet emplacement le contrôleur lance "please, stop !". ??? Ok on s'arrête donc avant ce stand. Comme on coupe le moteur, une foule sort de l'aérogare et vient entourer Sierra Victor (alias Sacré Vaurien). On nous fait les douanes direct sur le tarmac, on nous embarque nos passeports à l'aérogare pour les tamponner et on nous les ramène. J'indique que je souhaite rouler à l'aéroclub car j'y ai un contact, Robert, qui nous y attend. "Yes he told us, you can go now, second left". Dernier contact en anglais avec le contrôle, puis on le laisse en paix.
Au parking club quelques Slovaques nous aident à rentrer Sierra Victor au hangar en précisant que Robert est en vol sur un planeur. On nous montre ensuite la chambre de l'aéroclub que nous allons louer, et l'un des membres de l'aéroclub, un monsieur adorable mais très timide, nous tamponne nos carnets de vol. On s'installe dans la chambre puis on fait les bilans de vol au soleil en attendant Robert. Sur le parking trône un magnifique hélico MI-8, et la flotte de l'aéroclub se compose d'un Zlin, un cessna, un ULM, un motoplaneur. Le club parachutisme comprend 3 membres :-).
J'appelle le BRIA pour avoir la confirmation de notre autorisation à poser en Pologne. Problème : la police polonaise les a relancés pour obtenir le certificat d'assurance de notre avion en anglais, car celui transmis est en Français. Mais malgré mes demandes à l'assurance ceux-ci n'ont pas encore fait le nécessaire, nous ne sommes donc toujours pas autorisées à poser en Pologne le lendemain. On se donne un rendez-vous téléphonique le lendemain matin pour faire le point.
Robert nous rejoint, il est beaucoup plus jeune que je ne m'y attendais ! Les slovaques ont l'air d'être de sacrés passionnés d'avion, mais hélas le passage à la carrière pro n'y est pas évident. On nous loge à l'aéroclub pour 7 euros la chambre double, hébergement très sympa. Ils nous proposent de nous mener en ville, et une fois en ville nous invitent dans un restaurant typiquement Slovaque. On les laisse choisir car on ne comprend rien au menu. Le repas débute par un verre de lait et une excellente soupe aux haricots, puis un plat à base de fromage, pomme de terre, farine et un petit peu de mouton grillé, mais c'est succulent ! Après que Danièle ait lourdement insisté pour goûter à l'alcool local :-) on nous sert deux petits verres d'alcool sucré légèrement ambré, une cinquantaine de degrés, et je crache le feu ! On discute de l'aviation en Slovaquie. Depuis la séparation avec la république tchèque, les licences Slovaques ne sont plus reconnues pour y travailler comme pilote, et il n'y a pas de travail sur la Slovaquie car ils ont peu d'avions de transport. Par ailleurs, pour le vol privé, la cotisation pour voler est mensuelle, 20 euros environ, et il y a une cotisation par type d'avion ! L'heure de vol tourne autour de 80 euros pour un avion école, le vol en planeur est plus abordable que l'avion. L'utilisation de la piste en dur est payante à chaque poser, même pour les avions basés. On paye en fait le contrôle aérien, mais pas l'utilisation des infrastructures (contrairement à la France). Jusque là ils ne payaient pas la piste en herbe, mais celà a bien failli... ils ont alors rappellé que c'étaient eux qui l'entretenaient, la réparaient et la tondaient, et le projet de piste en herbe payante a été avorté. L'avagas est cher à leurs yeux à Poprad (1 US Dollar) même si pour nous c'est très raisonnable. Ils organisent régulièrement des meetings, manifestations, etc... mais ne voyagent pas beaucoup. Notamment, aucun d'entre eux n'est jamais passé en Pologne, ceci dit celà ne m'étonne pas trop vu les tracasseries administratives que celà engendre. Ils nous ont cependant promis de passer en France dès qu'ils recevraient leur nouveau cessna 172 car l'envie de voyager les titille :-).

Retour au bercail, douche et dodo.
L'ami de Robert nous a offert une carte aéro de Slovaquie, en s'excusant de son grand âge (1995). Ce qu'il ignore, c'est que notre vieille ONC Slovaquie achetée pour le voyage est datée de 1988 ! :-) Il nous a placé un château multicentenaire sur sa carte, notre mission demain que nous acceptons : trouver le château de Dracula caché dans les Carpathes !

Dovidiania* !

(* Au revoir en Slovaque)

Alex & Danielle, loopy girls en Slovaquie

PS: Je veux absolument porter plainte contre le douanier Slovaque qui a assassiné froidement un ressortissant Hongrois!!!!!
Ce crime odieux a eu lieu sur le tarmac de Poprad à 15h58 Z très exactement: notre mascotte hongroise (alias une magnifique coccinelle) a choisi de nous quitter après 2 vols en notre compagnie pour aller tenter sa chance dans les Carpathes. Je l'aide donc, non sans tristesse, a descendre de notre SV. Elle décolle alors, se pose a proximité du train principal du Sierra Victor, certainement pour nous dire adieu. C'est la dernière fois ou je l'ai vu vivante, une seconde après le douanier est passé et j'ai retrouvé la pauvre petite plate comme une crèpe!!!!!!! Dure loi de la nature; je lui rends donc un dernier hommage et je tiens à préciser qu'elle demeurera la première cocc à etre montee au FL 100!!!  Snif elle restera dans nos coeurs!
Danièle

Note d'Alex : Danièle est encore sous l'effet de l'alcool local, ne vous inquiétez pas. (N'empêche elle était mimi cette coccinelle sur le tableau de bord de l'avion...)