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9ème Etape : Warsawa Kaunas Riga

Lobdièn* !

(* Bonjour en Letton)

La journée de GALERES !!!

Réveil matinal, on empaquète tout, et on redescend chargées comme des mules, en raison des sacs de bouteilles de Vodka que nous avons la mission de ramener. On paye au rez-de-chaussée, 150zl (soit environ 38 euros), il nous reste quelques piécettes pour le bus, dont on trouve l'arrêt après une bonne petite marche. Le bus nous dépose assez loin du terrain, et on est contraintes de marcher une grosse demi heure sous le soleil avec toutes nos affaires.
Arrivée terrain : il faut partir vite, une sale météo nous rattrappe par le Sud/Sud-ouest. On prépare l'avion, je demande qu'on nous appelle les douanes à Warsawa Babice, comme on m'avait indiqué qu'il suffisait de le faire une heure avant le départ. Et là j'apprends que finalement, le préavis est de 48h contrairement à ce que les autorités contactées m'avait indiqué (ils avaient du confondre les deux terrains de Varsovie). Arg !
Au terrain international de Warsawa Okecie se trouvent des douanes permanentes, juste à côté, mais pas moyen de les déplacer. Nous poser à Okecie nous ferait perdre un temps infini, d'autant qu'ils n'aiment pas les VFR. Autre solution, un poser sur un autre terrain international, mais celà nous rallonge la route alors que nous économisons actuellement le potentiel de Sierra Victor pour pouvoir aller en Suède...
Je délaye une première fois le plan de vol.
On charge et prépare l'avion, en attendant la réponse des douanes de Okecie. Car il existe deux services à passer : les douanes proprement dites, et le service des frontières... Pendant que nous préparons la machine, un mécano vient nous voir... il veut nous parler mais ne baragouine pas un mot d'anglais. Un jeune du club vient jouer les apprentis traducteurs. Il essaye alors de nous prouver par A + B que notre avion n'est pas en état de repartir, et que même si nous le faisons, un mécano sur un autre terrain nous interdira probablement de redécoller (depuis quand un mécano sur un terrain a t'il ce droit sur un avion extérieur ?). Pour lui notre dérive et notre profondeur ont trop de jeu, notre frein droit (je précise qu'il a été changé avant le départ de France) est trop usé, notre pot d'échappement est sur le point de rendre l'âme, bref tout va mal. Mais il peut nous sauver car ceci peut être fait par ses soins d'ici la fin d'après-midi. On sent l'arnaque du mécano automobile véreux, d'autant que depuis le début, les mécanos de Warsawa nous regarde comme des cruches en faisant des plaisanteries en polonais. Des nanas au manche, visiblement ça les gêne quelque part. Malgré son insistance, je lui répond que non, nous n'avons pas besoin de ses services, et la discussion s'éternise. Quand il nous lâche enfin, Danièle et moi checkons l'avion, tout est OK, et je regarde discrètement le jeu des gouvernes des cessna de notre cher mécano : pas grande différence avec les nôtres. De toute manière, il n'est pas question de laisser un inconnu, qui plus est en qui nous n'avons pas confiance, toucher à notre avion.
Comme l'attente se prolonge, et que je vois les nuages qui se développent au dessus de nos têtes, on décide d'appeller le directeur à l'aide, il nous a laissé sa carte en cas de pépin... pour une fois que nous avons des relations, tentons !
Il nous dit qu'il règle ça et qu'il est au terrain dans 10mn, mais "ne vous inquiétez pas, préparez votre avion".
Il arrive et vient tout droit nous serrer la main très amicalement, en plaisantant en français, sous le regard surpris des mécanos. Il nous annonce que nous aurons le droit au tarif spécial club pour l'essence, soit 3.5zl au lieu de 5.5 pour les extérieurs (environ 0.87euros le litre). Nous le remercions puis le suivons dans son bureau, où l'on attend longuement. Il nous explique que nous pouvons nous passer du service des douanes elles-même, puisque nous n'avons rien à déclarer, mais reste le service des frontières. Pour celà, il nous propose une solution : un de ses collègues va nous emmener à Okecie, nous allons ramener un officier des douanes à Babice, celui-ci nous fera les douanes sur place et nous partirons tandis que le collègue ramènera l'officier à Okecie. Waouw, quelle manip !
Après une demi-heure d'attente nous partons avec Janus, instructeur du club, a qui le directeur vient de donner une bouteille de "French Brandy made in France". Arrivée à Okecie, encore 20 mn d'attente, je redélaye le plan de vol. Puis l'officier des douanes arrive et nous repartons tous vers Babice, tandis que Janus... donne discrètement la bouteille de Brandy à l'officier...!
Arrivés au club, nous nous rendons dans le bureau de Janus, on présente nos passeports à l'officier, on remplit un imposant questionnaire, re-attente dans le bureau, mais cette fois nous ne savons même pas ce que nous attendons. Le plafond nuageux commence à se souder. On a finalement trop faim et on grignote un peu. Je demande à l'officier s'il est possible que j'aille faire la prévol juste à côté, pour gagner du temps car nous craignons la météo. Il me regarde, ne dit rien, et se retourne. Bon, je crois que nous avons un souci de communication lui et moi... Janus revient, ça discute polonais, on repart vers l'avion. L'officier jette un coup d'oeil dans l'avion et va s'asseoir au soleil à côté de l'aile. Je donne discrètement des insignes de notre aéroclub à Janus et je le remercie, et lui tout content me ramène des T-shirt du club vélivole. Prévol, on s'installe pour démarrer. Et là, notre insupportable mécano se poste, goguenard, sous l'aile de l'avion, très proche de l'hélice, équipé d'un... double extincteur ! On grince des dents mais on ne dit rien. Tous les mécaniciens sont amassés à l'entrée du hangar pour nous regarder démarrer, et l'officier est au soleil au bout de l'aile. On est un peu tendues alors on se concentre sur les checks et les habitudes, pour ne pas y penser.
On est quand même sacrément contentes de se retrouver en l'air.

On suit les instructions, comme d'habitude on n'a pas le droit de monter à plus de 300m QNH, donc c'est encore du radada polonais dans les turbulence, à surveiller les antennes et les câbles. On nous transfère en fréquence sur... la même fréquence, en nous donnant comme consigne "proceed according to your flight plan, if no contact 124.5, if no contact, then contact cona 124.6". En effet pas de contact, mais sur aucune fréquence. On continue, en retentant régulièrement sur 124.6. En passant la frontière, on reçoit une réponse enfin, ce n'est pas "Cona" mais "Kaunas" ! C'est à dire que le contrôleur nous a shootées en fréquence à Kaunas alors qu'il nous restait plus de la moitié de la Pologne et la moitié de la Lithuanie à traverser!

La fréquence Lithuanienne est sacrément mauvaise, on reçoit très mal le contrôle, mais heureusement celui-ci parle bien, bien qu'il ne semble pas trop savoir sortir de la phraséo de base. La Lithuanie est très dépouillée, de grands champs à perte de vue, peu de routes, et chaque village semble organisé autour de sa petite usine... Partout, d'anciens baraquements militaires. La carte nous montre peu de terrains asphaltés, mais une ribambelle de terrains en herbe. On les cherche... la plupart sont en dur et à l'abandon, défoncés, ou bien n'existent plus. Notre carte ONC date de 1988 cette fois encore, bien qu'achetées il y a une semaine. Comme toujours, pas d'infos aéronautique dessus hormis la position des terrains. Cependant pas de changements significatifs... à part... que le terrain de Kaunas a été déplacé de près de 8NM ! Je suis vraiment contente d'avoir dégoté une page de l'AIP Lithuanien, et d'avoir un GPS à jour, pour trouver le terrain.

On se pose et on roule près d'un Iliouchine 76 (Danièle en bave !). Le terrain est bien désert, hormis la follow-me car, on croirait presque entendre une complainte à l'harmonica dans le souffle du vent violent. Mais d'après le pisteur, il n'y a rien concernant les Yaks sur ce terrain, ni ailleurs en Lithuanie, à part peut-être sur le petit terrain de Pociunai... On présente nos passeports, et on remplit un drôle de questionnaire dont nous ne comprenons pas tous les champs... On nous amène ensuite à l'aérogare, désert aussi. On paye la taxe à l'unique employée présente... aie ! 50 euros !!! Je demande pourquoi c'est si cher ? On me répond juste que c'est encore plus cher à Vilnius... Pas moyen de prendre un café, à 16h tout est fermé, et aucun des rares employés du terrain ne semble motivé pour nous proposer une tasse de leur café.

Allégées de quelques sous, on se rend (enfin, on nous emmène) à la salle de briefing. J'indique que je peux passer mon plan de vol par téléphone mais ils ne veulent rien entendre. On remplit donc un plan de vol par formulaire, que je donne à l'employé de la salle de briefing. Il le saisit, et me demande alors 11 euros... de taxes en route ! Aie !!! Vu les prix démentiels on décide de quitter la Lithuanie, on aimerait aller à Pociunai mais celà nous imposerait un nouveau passage à Vilnius ou Kaunas pour les taxes, et il en est hors de question vu l'état de notre budget. On décide donc de mettre le cap sur Riga, capitale de la Lettonie.

On retourne à l'avion, en attendant que le plan de vol passe. On demande l'autorisation de le tirer sous l'aile de l'Iliouchine pour prendre des photos... accepté ! Pendant la séance frime photo de Sierra Victor (alias Somptueux Voyageur), le pisteur vient alors nous voir et nous tend son talkie-walkie qui nous crachotte : "Your flight plan is not accepted ! I say again, your flight plan is not accepted, go to the briefing room". On se regarde, gros soupir, on y va. Apparemment notre point d'entrée sur la CTR de Riga ne leur plait pas. J'attrape l'AIP Latvia (Lettonie) dans la salle de briefing, page EVRA (Riga). Je colle une floppée de points, d'entrée, de sortie, tout partout sur la route du plan de vol. On l'envoie, cette fois ça passe. L'employé de la salle de briefing est vraiment sympa, il nous photocopie la page de l'AIP de Lettonie, et nous re-remplit notre bouteille d'eau, car l'eau du robinet de l'aérogare est infecte et très probablement non potable.

Après le calme de la Pologne, on dirait que l'aventure reprend.
On redécolle enfin, clairance à 1500 ft max. Vue du ciel, la Lettonie semble nettement plus développée que la Lithuanie, et on arrive à Riga en VMC très tranquille même si on observe autour de nous de violentes pluies, heureusement pas sur notre trajet. Nous n'aurions pas zappé la dernière étape Polonaise, nous n'aurions certainement pas pu atteindre Riga. On pose, et la follow-me car nous place entre un Yak 40 tri-réacteur et un Antonov 74 (ce qui fait encore baver Danièle d'autant plus qu'il a une palanquée d'avions Russes sur cette plateforme!). Sierra Victor (alias Sympathique Vacancier) va passer une de ses rares nuits à la belle étoile depuis le début du voyage ! L'employé du handling est adorable, et nous mène checker la météo, et trouver une chambre à l'hôtel de l'aéroport. Un hôtel assez pourri mais qui a le mérite d'être pas cher.
On prend le bus pour pas cher non plus, et on visite la ville en soirée. Les Lettons n'aiment pas trop l'anglais, mais beaucoup parlent allemand. Retour en taxi (environ 10 euros, mais en monnaie locale).

Et là, crevées par cette journée de galère, les Loopy girls s'écroulent dans leur lit.

Uzrédréachaynos* !

(* Au revoir en Letton)

Alex & Danièle, loopy girls qui gèrent les galères

PS d'Alex : Maintenant, je désespère vraiment de réussir à trouver un moyen d'envoyer ces mails avant notre retour !
PPS de Danièle et Alex : On va peut-être trouver un cafard Léton à l'hôtel pour remplacer notre défunte mascotte coccinelle Hongroise.
PPPS de Danièle: L'autre point génial de cet aéroport c'est qu'il possède un cimetière de Baleines!!!! J'y ai aperçu un MI24 entre autres!!!!
On est donc EXTREMEMENT intéressé par sa visite!!!! Mais on est obligé d'attendre demain; pourtant il n'est que 22h un samedi soir. Quels fainéants ces Lettons!!!! ;-)